Robin
Je contacte Robin sur l’entremise de Tracy que vous avez peut-être écouté nous raconter son aventure de mini-maison. Quand je découvre le prénom de Robin et le nom de son projet – « Le Refuge de l’ours », je ne suis pas inquiète sur le fait que nous ayons des choses à partager. Je navigue sur le site internet du Refuge de l’ours et suis impressionnée par la teneur du projet et par le parcours de Robin. Je me dis que nous allons parler de mini-maisons, de refuges, de lieux. Je suis loin d’imaginer la forme que prendra finalement cette rencontre.
Tu communiques par vocaux avec Xavier pour organiser notre venue chez toi. Tu as une voix si avenante ! Tu nous reçois dans le froid, la neige et la nuit qui tombe. Quand je te dis que nous sommes très heureux de te rencontrer, tu proposes d’entamer une danse de la joie. Le ton est donné. Tu nous accueilles dans « ton petit endroit à toi » comme tu dis. Une mini-maison que tu as construit toi-même. Ce n’est pas ta première et tu en as construit pour d’autres aussi. Tu nous dis que tu a beaucoup déménagé enfant, que tu n’as jamais vraiment connu le sentiment d’avoir un chez-toi ni la stabilité. À 22 ans, tu avais tout coché, parce que c’est ça, « être un homme ». Mais tu ne savais pas ce que c’était que de vivre et tu avais plutôt envie de te flinguer. Au moment où tu nous racontes ça, tu désamorces immédiatement en faisant mine de pleurer à chaudes larmes.C ‘est vrai que dans ton parcours, il y a eu de la scène et de l’humour. Tu nous montres comme on peut choisir de rire de ce qui fait pleurer. Et au cours de notre échange, tu nous feras rire.
Il a notre âge, 44 ans. Des bracelets de perles au poignet gauche. Il a un fils qui a 21 ans aujourd’hui, loin de lui depuis ses 13 ans. Robin est lucide, franc et honnête. Il se montre à nous, comme nu : « J’ai voulu arrêter la sur-enchère et avoir mon petit chez-moi. J’en avais marre de payer. Pour avoir quoi au bout de la ligne ? Alors, j’ai construit ma première mini-maison, la cabane de l’ours. Là, je me suis retrouvé seul, isolé. C’était très dur. J’avais passé ma vie à me fuir, c’était la première fois de ma vie que je me faisais face. »
Nous nous engageons alors sur une autre voie de discussion. Nous ne l’avions pas imaginée celle-là. Nous ne parlons pas de construction, de bois, de vis et de trucs comme ça. Nous allons ailleurs, tous les cinq assis au chaud. Robin nous parle – il est un formidable conteur que l’on écoute attentivement !
Robin nous parle de synchronicités : « Je ne voulais pas développer de business parce que sinon, je savais que je retournerai dans la roue infernale. Pour trouver du boulot, je parle à une personne à la fois et là, les choses arrivent d’elles-mêmes. »
Robin nous parle de ce que la liberté coûte.
Il nous parle de son éveil spirituel à 33 ans, de ses voyages dans le monde et en lui, des synergies et des énergies, du fait que l’on n’invente jamais rien parce que tout existe déjà.
Il nous dit qu’il ne faut pas s’inquiéter pour demain, que la vie apporte ce dont on a besoin quand on en a besoin.
Il regarde Robin et Montaine, prend deux téléphones et, sur la table, crée une scène avec eux : « Quand tu es pilote, tu as deux options : regarder la route ou regarder la pierre que tu veux éviter. Ce choix change tout. C’est toi qui décide où tu veux regarder. »
Vous imaginez peut-être la scène : vous êtes au fin fond du Canada, en plein mois de décembre. Dehors, il fait -20 degrés. Vous êtes accueillis par une personne que vous ne connaissez ni d’Eve ni d’Adam mais qui vous ouvre grandes les portes de son chez lui et de son histoire. Vous êtes là, il est 16h30 à peu près, il fait nuit déjà. Et alors que vous pensiez parler bâtiment, vous partagez sur la vie, ses impasses et ses ponts. Vous écoutez un homme partager ce qu’il a traversé, vous le rejoignez sur ses chemins. Plus tard, dans la voiture sur la route du retour, dans la nuit profonde et face à la route blanche, certaines de ses phrases vous reviennent en tête : « On n’est jamais parfait mais on peut aussi décider d’arrêter de bullshiter ! », « Rester accroché à quelque chose, c’est se limiter. », « Être parent, c’est vivre avec le pire et le meilleur de soi. Mon fils m’a sauvé la vie, parce que j’étais en train de devenir un gros con. », « La chenille devient un papillon : il faut accepter de changer de forme, d’évoluer, de mourir à soi-même. » « Rien ne devrait être fait si ce n’est pas dans la joie. La joie de l’enfant. »
Ils sont aussi rares que nombreux, les Robin comme celui-ci. Des Humains qui ont accepté de faire face à eux-mêmes, dans tout ce qu’ils ont de plus beau et de moins glorieux à la fois. Ils pourraient trouver place, tous, dans ce Refuge de l’ours que Robin a imaginé. Un grand projet pour vivre ensemble, dans la nature. Dans un « misgav », un « refuge élevé » en hébreu. Pas un abri où on se cache mais un lieu d’accueil et de sécurité pour chacun. Un lieu où on peut aller, trouver une soupe quand c’est la tempête dans sa vie. « On a besoin de hauts lieux où être soi, où vivre sans survivre. Le refuge est ce lieu-là, un lieu profond, authentique, sincère et vrai. »
Notre rencontre avec Robin a pris des tournures inimaginées, pendant plus de trois heures, entre profondeur et hauteur, entre biscuits et rires. Le prénom Robin serait signe de noblesse et de justice. Je suis impressionnée par la capacité de Robin à aller haut et à descendre profondément. C’est le « 8 » qu’il dessine dans l’air : aller haut mais aussi rendre concret, dans la matière, dans le bois, avec ses mains. Cette rencontre avec Robin est un nouveau cadeau du ciel. Sa mini-maison est en vente si ça vous tente. Sans doute dans ses murs y a-t-il un peu de cet homme qui ressemble à la fois à un enfant et à un vieux sage.
Découvrez le projet récréosynergique « Le refuge de l’ours » ; il n’attend plus qu’un lieu pour se concrétiser !
Découvrez la tiny house de Robin à vendre.





