Semaines 2, 3 et 4
Jour 8
C’est le jour du départ. Ce sera une journée de transition pour aller au parc national du Mont-Tremblant.
« T’es sûr que t’as bien tout ? Montaine, on y va là ! Il faut au moins qu’on arrive avant la nuit ».
Ça roule bien, c’est beau. Nous faisons un arrêt pour finir de remplir la voiture avec de la bouffe. Nos 4 estomacs ont peur du vide. Nous soulageons leur vertige avec quelques pâtisseries grasses et sucrées.
On se ramasse sur l’itinéraire. On a saisi des coordonnées GPS qui nous ont envoyées au mauvais endroit. Il reste en fait 45 minutes de route au moment où l’on pense être arrivés. On n’arrivera pas avant la nuit et quand elle tombe, les animaux sortent.
A l’entrée du parc national, nous voyons deux biches de Virginie. On dirait des figurantes, postées comme ça pile à l’entrée du parc, comme pour nous souhaiter la bienvenue. J’ai eu peur de les buter ; elles étaient vraiment près de la route, inconscientes, dans le noir et sans mutuelle. Comment aurais-je pu les charger dans le coffre alors qu’il était plein des bagages ? Robin imite le brame du cerf de Virginie. Il fait super bien le brame du cerf de Virginie.
Nous arrivons au lac-chat, qui porte ce nom pour une raison que j’ignore. Il a peut-être la forme d’un chat.
Il fait nuit et il faut trouver l’emplacement. Ce n’est pas marrant sur le coup mais je sais que ça le sera plus tard, quand nous aurons trouvé.
Nous trouvons notre « prêt-à-camper ». C’est top. Il y a très peu et c’est assez.
C’est la fin du jour de départ et le début du jour d’arrivée. Vivement demain que le soleil éclaire un peu tout ça, il paraît que c’est beau.
Jour 9
Nous découvrons notre prêt-à-camper. J’adore.
C’est une construction en bois avec uniquement l’essentiel : ça ferme, ça ne prend pas l’eau, ça ne prend pas l’air, il y a un braséro, un matelas et un petit frigo.
J’ausculte la construction sous toutes ses coutures. Ça me plaît. Il y a du bois taillé pour la charpente, des boulons, des sangles avec des systèmes de tension à pignons en acier galvanisé et des plots en béton armé. Je sens quelque chose qui monte en moi. J’ai envie de couper du bois. J’ai envie de faire du feu. J’ai envie de bidoche et de fumet de fumée. J’ai envie transpirer et me faire tatouer. J’ai entendu des loups cette nuit. Je me sens bien et je me sens mâle.
Il faut que j’aille courir.
Nous allons marcher. Direction la promenade du loup pour rejoindre le centre de découverte du Mont-Tremblant. Qu’est-ce que c’est beau. Aurélie « n’en peut plus de toutes ces couleurs ». Elle a le don de voir du beau au-delà du beau. Elle photographie le reflet de nos silhouettes sur l’eau, pendant que nous regardons naïvement au loin les feuilles changer de couleurs.
Montaine se baigne. Elle adore être dans l’eau. De plus en plus. Robin reste en retrait et joue avec des insectes.
Le soir, je fais du riz.
A ce moment, un raton-laveur me surprend. Je me relève à la façon d’un suricate, ma passoire à la main. Il se met également debout et nous nous regardons quelques petits secondes, campés sur nos postérieures. Il doit se demander ce que je fais sur 2 pattes et chez lui.
Nous sommes dans un parc naturel et nous nous sentons invités.
Jour 10 – Jeudi 25/09
J’ai moins l’occasion de prendre le temps de faire mon carnet de bord polasteps, c’est d’ailleurs pour ça que j’écris le jour 10 le jour 16 (NDLR : aujourd’hui jeudi 02 octobre).
C’est le jour où nous allons faire du canot et en attendant l’heure du RDV, nous nous attardons devant des statues artistiques plus ou moins figuratives, qui ne me touchent pas des masses. Elles surplombent un panneau explicatif sur lequel sont affichées des photos d’européens vêtus de tenues traditionnelles du ici d’avant eux.
Je me sens mal à l’aise car mon manque de culture générale particulière à ce sujet m’oblige à les voir comme ces petits singes habillés, que l’on voyais dans les cirques. Je vais devoir me documenter pour me faire un vrai point de vue car quelque chose me gêne dans cette histoire, depuis une vie antérieure ou depuis que j’ai vu Danse avec les loups au cinéma, avec Kevin Costner, un ami d’enfance et ses parents. Un oiseau avait chié sur mon épaule avant que je n’entre dans la salle de cinéma ; C’était peut-être un cygne.
Aurélie s’est chargée de nous réserver une descente de la rivière du diable. Le nom est flippant mais moins que les consignes de la dame, elle-même plus flippante que les consignes.
Elle a un fort accent, et je suis obligé de lui demander de répéter, ce qui me met mal à l’aise. J’entends seize quand elle dit six, et me retrouve un peu dans l’embarras quand elle me dit qu’il y a deux portions de six kilomètres. En Français, ça fait 32 bornes, alors que nous n’avons que 4 heures devant nous, pause déjeuner comprise.
Je me dis qu’ils sont chauds les Canadiens, et que les rapides doivent être speed. Le temps que je me mette dans la Pau de Tony Estanguet, Aurélie, qui pratique mieux l’accent que moi, m’informe que la dame avait dit 6 et non 16. Je me sens mieux.
Elle nous explique que dans les fameux rapides, notre centre de gravité doit se trouver le plus bas possible, donc nous devons nous mettre à genou, position dans laquelle je ne me sens ni alerte, ni en équilibre.
Les paysages sont magnifiques, et je coche la case d’un truc que je voulais faire une fois dans ma vie : descendre une rivière canadienne en canot. Prochaine étape : y pêcher un saumon et le fumer pour le faire fumer.
Pendant le trajet, nous croisons les vols de moustiques venus nous piquer du sang. Les plus petits font la taille de nos plus gros et ils font mal les enfoirés. Ils sont nombreux, puis très nombreux, et pour finir trop nombreux depuis le début. Nous essayons de les semer, mais ils volent vite. J’espère qu’en tuer quelques uns fera fuir les autres, mais ces petits vampires s’en moquent et ont le (notre) sang chaud.
En dehors des démangeaisons et d’un peu de sang en moins, c’était parfait.
Il ne me reste plus qu’à compenser mon manque en globules rouges et en culture amérindienne, même si ce mot aussi me met mal à l’aise.
Jour 11 – Vendredi 26/09 – Jour de transition
Le réveil sonne à 6h00 car aujourd’hui, on déménage. Direction Montréal et le camping-car.
En marchant jusqu’à la voiture pour la charger de valises et de bouffe, je vois une corneille. Elle est énorme. Elle fait la taille d’une dinde, est noire comme un corbeau et heureusement, n’a que deux yeux*. Elle n’a pas peur et je me dis elle n’est pas farouche, cette corneille noire à deux yeux qui fait la taille d’une dinde. Et je continue à charger.
Avant de récupérer le camping-car, il faut rendre la voiture à Alditya, le type qui nous l’a louée.
Nous rendons la voiture à Alditya, le type qui nous l’a louée.
Nous faisons la connaissance d’Aldalina qui elle, nous loue le camping-car. Elle a gentiment fait 40 minutes de route pour venir nous récupérer. Mon Dieu qu’elle est gentille ! Les enfants ont tout de suite le feeling avec elle, à tel point que Montaine lui dit qu’elle est belle et que Robin lui parle.
Nous pouvons désormais rejoindre Alberto, le mari d’Aldalina, et Roccio, le camping-car, qui s’avère être une camping-car, contrairement à ce que son nom pourrait laisser supposer.
Nous sommes accueillis à bras ouverts par Alberto.
Alda (nous sommes désormais intimes) nous propose d’aller chercher des pizzas pendant qu’Alberto nous donne les consignes d’utilisation et de fonctionnement de la camping-car.
Elle revient avec des pizzas grandes comme des parasols, dans des boîtes qui pourraient servir de cartons de déménagement.
Alda et Alberto viendrons chez nous prochainement. Ce sont des anges, qui débordent d’amour et nous sommes comblés par cette rencontre.
Fin du gueuleton : nous pouvons prendre la route. Sur la plaque d’immatriculation de Roccio, il est écrit « Je me souviens », comme sur la plupart des voitures de Montréal. Cela fait à la fois devise de la ville et un moyen mnémotechnique pour s’en rappeler. Astucieux.
Sur la route, nous croisons 65 pick-up en 12km (source : Robin). Le conducteur lambda est un homme barbu dont le véhicule est une excroissance de quelque chose, mais sur le parking d’un supermarché, une grand-mère nous fait mentir. Elle est tout pitchou à côté de sa bagnole.
Les voitures qui n’ont pas de benne ont souvent un espèce d’autocollant noir qui fait toute la largeur du capot, juste au dessus des phares, que Robin appelle mono-sourcil, mais dont nous ne comprenons pas l’intérêt.
Roccio, dont je tairai les mensuration par respect pour elle, s’habille en grande taille. Il faut que je la prenne en main pour m’habituer à son gabarit, mais tout se passe bien. Je suis méchamment un daron à son volant.
Nous faisons 2 petites heures de route pour nous trouver un espace où garer Roccio et ses dimensions XXL, et faisons halte dans une petite ville, à l’entrée d’une réserve indienne. Nous pouvons y observer des habitats nomades et un attrape-rêve géant.
Le fin de journée arrive et je ne suis pas serein, car je tâche de garder pour moi une de ses peurs archaïques, qui ne servent souvent pas à grand chose, à l’idée de dormir dans un endroit inconnu, dont les bruits me sont étrangers. Je vais quand même voir nos voisins d’une nuit pour nous présenter, et savoir à qui nous avons à faire. La première est une voisine pas très commode, et la seconde est une voisine très commode.
Ça devrait aller, et ça ira mieux quand il fera jour.
Je vais quand même dormir devant la porte.
La nuit est très bonne. J’ai eu tort de me méfier des nouveaux bruits et des corbeaux.
*Référence à la série game of thrones, dans laquelle, au premier épisode, un roi se fait décapiter et un frère et une sœur couchent ensemble avant de jeter un gamin par la fenêtre. Maman, tu adorerais.
Jour 12 – Samedi 27/09
Je suis vraiment à la ramasse sur mes polarsteps alors je les fais en replay.
Désormais, je vais les faire plus régulièrement pour la localisation, et je les compléterai après, en fonction des lieux et des moments où je peux me poser un peu.
C’est la grande décision de ce matin, après celle qui m’a poussé à choisir entre café avec ou sans lait. J’ai bien décroché là.
Le samedi 27 septembre, j’ai toujours 43 ans pendant 2 jours, et nous passons la journée à Trois-Rivières, qui doit son nom au fait que trois rivières coulent dans cette ville.
Il faut prendre les habitudes avec la camping-car, en particulier pour trouver où se garer. Définitivement, je préfère la nature, mais il faut bien des villes, même si je ne suis que moyennement convaincu.
Au premier parking proposé par Park4night, mon application préférée du moment avec Googlemaps, on nous signale que le stationnement est interdit et que les frais l’enlèvement du véhicule sont à notre charge, ce que me confirme un voisin avec qui, mode social toujours enclenché, je prends le temps discuter. Nous préférons partir mais trouvons une place un peu plus loin et qui plus est, près d’un lavomatic, que nous n’utiliserons finalement pas. Intéressant.
La ville est sympa mais ne casse pas trois pattes à un canard. Il y a 2 trucs à visiter sur un même site, que nous n’aurions pas forcément associé à priori : un musée pop et une prison.
Nous optons pour la prison, parce que c’est plus rare, et pour déléguer de façon anachronique à feu le gouverneur des lieux, le temps d’une visite, notre mode éducatif.
Ici, on chie dans une poubelle commune, on la vide de temps en temps dans une fosse, et celui qui ne se comporte pas bien passe 3 à 4 jours à la vider.
Les cellules pour 10 personnes sont équipées de 6 lits et les plus faibles dorment par terre. Les femmes ont droit à des cellules privatives mais sont enfermées avec leurs enfants. Il est définitivement plus facile d’être un homme en ce bas monde.
Deux enfants ont été condamnés à y passer 30 jours pour avoir endommagé un arbre fruitier.
D’autres y ont été enfermés pour meurtre. Plus classique.
Si vraiment la leçon de vidange de fosse vous laisse sceptique, on vous enferme 3 semaines, attaché dans un sous-sol conçu pour faire le noir absolu, et pour vous empêcher de vous tenir debout. Ça vous détruit psychologiquement et vous finissez par adopter un comportement qui vous amène à y retourner. C’est glaçant.
Les enfants ont été gentils, polis, aimables et courtois. Le guide était formidable et Aurélie lui a posé des questions. Nous en savons désormais plus sur lui que sur la prison.
Dans le hall en sortant, il y avait une exposition avec des figures réalisées dans une sorte de pâte à papier.
Trompé par mon inconscient, j’ai cru y reconnaître Johnny mais en m’approchant pour me recueillir, je me suis aperçu qu’il s’agissait en fait d’un écrivain-naturaliste Canadien, dont j’ai oublié le nom.
Je me suis retrouvé seul devant cette statue de pâte à papier, frappé une nouvelle fois par la tentative ratée de faire carrière outre-altantique de celui que l’on appelait l’idole des jeunes.
Nous avons dormi dans un camping où beaucoup de nos voisins y étaient résidents de longue durée. Je peux l’affirmer avec beaucoup de certitudes, la présence de terrasses en bois, cheminées extérieures, nains de jardins et enceintes JBL grosses comme des tonneaux m’ayant mis la puce et Bonney M à l’oreille.
Je crois qu’ils fêtaient mes 44 ans moins 1 jour.
Jour 13 – Dimanche 28/09
C’est le jour où nous mettons cap sur Tadoussac, car demain, j’ai RDV avec les baleines et mes 44 ans.
Nous allons beaucoup rouler, mais avant, il faut nettoyer les corps et le linge.
Les machines à laver du camping sont plus propres que les douches, mais il y a plus de poils de chien dans les machines à laver que dans les douches.
Pour ne pas finir moyennement propres et poilus, il faut prendre un peu de temps pour nettoyer ce qui doit nettoyer.
Montaine et moi prenons la responsabilité du linge tandis qu’Aurélie et Robin se chargent en vain de trouver une solution pour connecter l’ordinateur d’Aurélie à la wifi, dont elle reste dépendante pour travailler.
Pendant le reste de la journée, nous roulons, roulons, et roulons encore. Il faut compter moitié plus de temps que ce que nous annonce le GPS, car il y a du dénivelé, et la camping-car a du mal dans les montées.
Ici, une politique veut que la langue Française soit au maximum préservée, alors on dit « véhicule récréatif » pour camping-car, « fin de semaine » pour week-end, « Quatre-roues » pour quad.
Par contre, niveau orthographe, c’est parfois la cata. Certains garages automobiles sont « ouvers » de 8h00 à 17h00 et Aurélie, toujours partante pour visiter un cimetière, a vu la tombe d’un type « ner » le 15 janvier.
La camping-car, ou véhicule récréatif, ou VR, ou RV pour les anti-Molière, boit trop. L’essence a moins de 1€ le litre est sa villageoise à elle, et elle en consomme jusqu’à 50 litres par trajet.
Le petit moment sympa de la fin de ce trajet, c’est la traversée de la baie Sainte-Catherine en ferry. Nous y passons un bon moment à regarder l’eau et la ville de nuit.
Nous dormons près d’une église. Demain, je vais passer une très belle journée.
Jour 14 – Lundi 29/09
Aujourd’hui, je vais passer une belle journée, et l’univers s’est donné pour mission de ne pas me contredire.
C’était la première nuit vraiment froide. Il a fallu doubler les duvets, et Montaine a ajouté jogging et hoodie par sécurité. Elle dort désormais dans ce qui était ma salle de garde de la première nuit : le salon.
Robin se plaît dans la capucine. C’est une petite grotte plastifiée, avec un lit 2 places , un petite fenêtre et un rideau coulissant. Il peut y ranger une grande partie de ses vêtements. Il a voulu s’y asseoir en dormant, mais le plafond était trop bas, si bien que le bruit et le choc ont interrompu son sommeil. Pour y accéder, il faut une petite échelle télescopique, que je lui demande de mettre sur le coté pour laisser libre le couloir d’accès au poste de conduite. Il ne la met pas sur le côte, ce qui fait que je ne peux pas accéder au poste de conduite.
Il espère voir des orignaux, et j’aimerais aussi, pour lui et pour moi. Cependant, je ne sais pas encore comment il est possible d’aller à leur rencontre, sans qu’eux viennent à la nôtre. D’autant plus que les conclusions des analyses de risques, initiées Robin, nous apprennent qu’il y a plus d’attaques d’orignaux que d’attaques d’ours. Le danger se cache partout mais Robin s’est donné pour mission de le retrouver.
Pour le moment, plus ou moins loin des orignaux et des ours, nous prenons la route pour aller à Tadoussac, où 21 autres personnes montent avec nous sur un grand Zodiac, pour tâcher de voir des rorquals, phoques et autres bélugas.
L’équipage a pour mission de repérer les baleines, et est composé du capitaine, d’une fille avec qui il couche plus ou moins régulièrement et d’une naturaliste super sympa. L’une a de beaux yeux et l’autre une bonne vue.
A peine sortis du port, nous voyons des bélugas, les plus faciles à reconnaître parce qu’ils sont blancs comme des linges. Nous voyons également quelques phoques au loin.
Nous avons la possibilité de circuler librement sur le Zodiac, alors quand il y a des animaux à gauche, tout le monde va à gauche, et quand il y a des animaux à droite, tout le monde va à droite.
Le temps est parfait et la mer est d’huile. Cap sur le large pour tâcher de voir les baleines. Le capitaine met en route les 3 gros moteurs du zodiac, et j’ai une pensée émue pour tous ceux que le nombre de chevaux cumulés rendrait toute chose. Le nez du bateau se lève en même temps que nos mentons se baissent : il fait froid.
Une demi-heure plus tard, nous sommes à un emplacement où une baleine bleue est régulièrement observée. Son vrai nom est rorqual bleu et son prénom est Torishinto.
L’équipage l’aurait aperçu, et nous n’avons plus qu’à attendre qu’elle remonte. Tout le monde regarde à droite et dans ces cas, mon instinct me conseille de regarder à gauche. C’est à ce moment que Torishinto remonte et je remercie Aurélie et les enfants d’être allé jusqu’à négocier, pour mes 44 ans, la primeur d’une rencontre avec un rorqual.
Nous avons la chance de l’observer plusieurs fois, avant de repartir avec l’espoir de voir des dauphins, qui se pointent ici 1 à 2 fois par an. Quelques temps plus tard, ils sont là. Nous les voyons nager puis remonter à la surface, et c’est beau.
Les enfants et Aurélie sont également aux anges, ce qui me fait un cadeau supplémentaire, et c’est loin d’être fini : j’ai repéré une micro-brasserie.
L’expérience sensorielle était formidable : le vent froid et salé sur nos visages, l’odeur des embruns, le soleil sur la peau grise des dauphins, le son du souffle du rorqual bleu, puissant, long et grave, et le goût de la bière, malté, fruité, à l’amertume douce.
Nous passons la soirée et la nuit à la baie, près de Saguenay, où mon destin croise celui d’une confiserie, comme si c’était écrit.
En milieu de soirée, des scooters s’amusent à tourner autour du camping-car et à klaxonner. Les premiers temps, je suis patient, mais à la deuxième seconde, je ne le suis plus. C’est étonnant : ils ont appris à rouler avec un casque pour ne pas se fracasser le crâne, à s’arrêter au feu pour ne pas se faire percuter par une voiture, et à ne pas mettre de briquet allumé dans leur réservoir, mais viennent chagriner la soirée d’anniversaire de quelqu’un qui pourrait leur faire bien pire que tout ça réuni.
J’ai formidablement bien terminé ma 43ème année, et vais faire en sorte que cette journée soit une rampe de lancement pour les 365 suivantes, avec l’aide de mon ami l’univers.
30/09
Un soir, nous trouvons un immense parking aménagé par une enseigne de vente de véhicules récréatifs : le géant motorisé. Je pense qu’un géant n’a pas plus d’intérêt à être motorisé qu’à être vert et m’interroge sur l’origine de ce nom.
Le lieu est moche et il fait gris, mais le propriétaire a la gentillesse de mettre à disposition des emplacements gratuits avec eau et électricité.
Ce soir, Roccio sera donc sous perfusion. Nous bénéficierons d’eau pour les douches et d’électricité pour recharger la flotte d’appareils à batterie.
Il faudra juste payer pour avoir la wifi, afin de bosser quelques matières de 5ème et de seconde, ce qui rend les enfants étonnamment économes.
Ils seront cependant consolés de pouvoir communiquer avec leurs amis via whatsapp.
Le lendemain, propre et mon téléphone rechargé, je rencontre Gabriel, qui vend des camping-cars et des roulottes (notre caravane à nous). Je veux être sûr de ne pas partir sans payer ce qui m’a semblé être gratuit. Il me confirme que nous ne lui devons rien, et j’en profite pour lui expliquer ce que nous faisons ici. Nous passerons 1 heure a échanger tous les trois, avec Aurélie, de la France et du Canada, de ce qui nous rassemble et de ce que nous nous envions.
01/10
Un autre soir, c’est un parking aménagé avec une vue que nous découvrons le lendemain à l’aube, à l’heure ou blanchit la campagne.
Parfois, c’est moche, mais très souvent, c’est beau, tellement beau que j’ai le sentiment que, trop souvent condamnées à la myopie, mes tripes ont 10/10ème et lisent toutes les petites lignes. Je ressens le beau, et ça fait du bien.
Les réveils sont plutôt bien ritualisés, et j’apprécie de voir les besoins se réduire aux nécessités : manger, boire et voir, au chaud.
Ce matin, nous faisons confiance aux promesses des commentaires lus sur les lieux, nous nous réveillons tôt, tous les 4, pour voir le soleil se lever et tu sais,
je n’ai jamais été aussi heureux que ce matin.
C’était l’automne, un automne où il faisait beau.
Une saison qui n’existe que dans le nord de l’Amérique.
Ici on l’appelle l’été Indien, mais c’était tout simplement le nôtre.
En vrai, Aurélie portait un bonnet plus beau qu’une robe longue et quand je la regarde, je comprends ce que tous les auteurs ont tenté de faire en écrivant des chansons d’amour.
Nous avons des cellules roses ou un bout d’âme en commun, quelque chose qui nous permet de comprendre les silences mieux que n’importe quelle vibration de corde vocale.
02/10
Je me lève vers 6h00, car il fait froid, suffisamment pour voir la vapeur d’eau qui se dégage de nos expirations. Je remets les couvertures de Montaine, et j’allume le chauffage, que la batterie défectueuse ne permet pas de faire fonctionner toute la nuit.
Passé quelques jours, la batterie se décharge tellement vite que la soufflerie du chauffage ne fonctionne pas nous plus.
Il faudrait une cascade de décibels qui consisterait à démarrer la camping-car, pour démarrer le groupe électrogène, pour démarrer le chauffage. Pour rester silencieux, j’allume directement les brûleurs de la gazinière, comme le faisait maman quand j’étais petit, et je les surveille comme s’ils étaient surplombés d’une casserole de lait. C’est efficace et ça chauffe assez vite.
Quand il fait meilleur, je me prépare un café au lait au sirop d’érable (celui d’Olivier). Je m’habille, je sors et je regarde le soleil se lever. C’est mon moment à moi : celui où mon hyper-vigilance est apaisée, où les pensées et les horizons s’allongent.
03/10
En virgule du voyage, il y a les cours (un peu pour les enfants) et le travail (un peu pour moi et beaucoup pour Aurélie), et l’organisation pour laquelle il faut trouver le compromis entre le besoin d’anticipation d’Aurélie et mon optimisme plus ou moins subi. Une médiathèque nous offre à tous les quatre un espace de travail, salle de conférence en prime, où nous passons la journée. Les enfants rechigne et nous sommes partagés entre l’idée de lâcher les cours pour la période d’itinérance et insister de peur qu’ils soient largués quand les carreaux d’une salle de classe remplaceront ceux du camping-car.
Nous pouvons ponctuer les trajets par quelques randonnées, que Montaine rechigne a piori. Mais cela ne dure pas. Nous devons nous montrer prudents car la chasse à l’orignal est ouverte, et les balles destinées à les flinguer s’avérent être un danger supplémentaire.
Nous nous installons un soir au pied d’une immense croix illuminée que nous avions aperçu de l’autre côté du Saint-Laurent, à l’époque où j’avais encore 43 ans. Nous sommes haut-perchés et la vue sur les villes et belle. Le lendemain aussi, le soleil aidant, et je transforme Roccio en food-truck spécialisé en pain perdu (ici, on dit pain doré). Les enfants (Robin, Montaine, mon enfant intérieur et celui d’Aurélie) passent un bon moment je crois, à passer des commandes, à les servir et à les manger.
04/10
Montaine est souvent la première réveillée, aux premières loges du bruit et de la lumière dans son canapé-lit de la pièce de vie. Elle se rendort parfois, la tête cachée sous sa quatrième épaisseur de couverture, dans une atmosphère plus tamisée mais chargée en C0² et en haleine du matin.
Sa première question tourne souvent autour du même sujet, vital et impérieux, de la bouffe. Que va-t-on manger ce midi ? Je ne sais pas. On verra ce midi, mais ne t’inquiète pas, on va manger, comme les 13500 repas (petit-déjeuners inclus) qui ont précédés celui-ci.
Elle est douce et piquante, a des épines et plusieurs couches de protections. C’est une sorte d’hybride entre un oursin et un oignon mais en plus beau, surtout quand elle met ses cheveux en choucroute, très haut sur sa tête. Ça dégage son visage, sa peau douce et ses grands sourires. Je ne sais pas si elle a peu de tâches de rousseur ou beaucoup de petits grains de beauté.
Elle adore aider. Sa facilité d’accès à la relation et est reliée à votre position sur l’échelle de l’espérance de vie, dont elle privilégie les premiers et les derniers barreaux.
Elle veut de l’eau pour se baigner. Un lac froid fait parfois l’affaire, et il nous arrive de la rejoindre avec Robin. Nous créons du contraste, aussi désagréable quand il faut se déshabiller et entrer qu’agréable quand il faut sortir, se sécher et entrer dans la camping-car préalablement surchauffé. Montaine me conseille d’accentuer le phénomène en courant dans le froid, les bras écartés. C’est notre allégorie corporelle parfaite de la liberté, que nous conseillons à toutes les personnes peu frileuses.
Nous passons une journée dans un parc national géré par la SEPAQ.
Tout y est bien fait, bien abouti et bien entretenu. Nous entrons dans un nouveau centre de service aménagé dans une ancienne ferme. On apprend qu’elle appartenait à une famille qui s’en est fait exproprier, mais qui, semble-t-il, n’est pas rancunière, peut-être par respect pour les familles qui étaient là quelques générations avant la leur.
Nous tombons par hasard sur une activité d’observation des phoques. Par chance, il y en a deux sur un rocher, que nous pouvons voir au télescope.
Ils ont deux préoccupations majeures : maximiser leur quantité de gras, et constituer leur poil d’hiver. Je me sens proche d’eux.
Nous prenons le temps de faire un balade et de nous perdre, trop préoccupés à nous imbiber des lieux.
La nuit tombe, et nous faisons une partie du trajet retour de nuit, avec ce sentiment étrange que les paysages restent beau même dans le noir. C’est fascinant. Les enfants ont un peu peur mais je suis là, et ça les rassure, alors je garde mon inquiétude pour moi.
Les retour dans la camping-car sont toujours agréables. Nous retrouvons un espace clos, qui ne manque de rien et que je peux chauffer facilement. quand il y a de la batterie. Je soulage en partie un besoin de confort et surtout, savoir Aurélie et les enfants au chaud est une autre façon de les prendre dans mes bras. Plus il faut chaud, plus je les serre fort. Parfois, ils ont trop chaud. Je dois doser les degrés, et les câlins.
05/10
Si la lumière, le bruit de le préparation du café et des ouvertures de porte n’ont pas eu raison du sommeil de Robin, souvent très profond, et pour qu’il ne crée pas lui-même son propre décalage horaire, je le réveille vers 7h30.
S’il le pouvait, parfois, il claquerait sa porte mais à défaut de porte, il fait coulisser son rideau. C’est la même chose mais en plus silencieux.
Robin est gentil, au plus profond de lui-même. Il est très délicat, très sensible, très drôle et imite l’œuf mollet comme personne. Je lui dit le plus souvent possible que je l’aime et je suis fier d’être son père.
Il met une grande partie de sa grande énergie à nous faire rire, et y arrive très bien. Il n’aime pas le confit, et désamorce systématiquement les situations de tension grâce à son humour. Parfois, lorsque l’on reprend Montaine afin de tâcher de lui faire comprendre que que ses cheveux sont mieux en chignon que dans son assiette, on voudrait rester en colère, et garder un minimum de gravité pour faire part de l’importance du moment. Son arme fatale, précise, qui protège sa sœur et détend l’atmosphère, est de nous faire rire. Il s’autoproclame beau-père de Montaine et la sermonne. 9 fois sur 10, parvient à ses fins et nous en rions mais la dixième fois, lorsque cela ne fonctionne pas, la situation se retourne contre lui. Dans tous les cas, il a protégé sa sœur.
Il cuisine très bien, nous fait plaisir avec des poke bowl et des pâtes à la carbonara. Il est toujours partant et avec Aurélie, nous trouvons ça très confortable. Nous surveillons qu’il ne prenne pas trop sur lui non plus, mais cachant très bien ses émotions, il est parfois difficile de sonder à quel point c’est la cas.
Il est au taquet du moment où il pose le pied sur son échelle mal rangée le matin, jusqu’au moment où il ne la range pas le soir. C’est impressionnant. Il aime jouer à « me maîtriser ». Il est en phase transition de l’enfance à l’âge adulte et moi, content qu’il me dépasse à minima, j’étalonne deux états longs.
06/10
Nous roulons entre deux et quatre heures par jour. Je ne boude pas mon plaisir à traverser les paysages Québecois, et la lenteur du camping-car fait son œuvre en m’aidant à prendre le temps
Nous pouvons ponctuer les trajets par quelques randonnées, que Montaine rechigne a piori. Mais cela ne dure pas. Nous devons nous montrer prudents car la chasse à l’orignal est ouverte, et les balles destinées à les flinguer s’avèrent être un danger supplémentaire.
Je n’aime pas trop la nuit, mais j’aime regarder les couchers de soleils, que j’observe comme on prend un dessert sans avoir vraiment faim. C’est bon mais ça donne mal au ventre. Hasard ou force de l’inconscient, nous nous arrêtons souvent lorsqu’il fait déjà quasiment nuit et en plus, nous roulons vers l’est, là où demain, il fera jour en premier. Je le vois se coucher dans mon retro et une part de ma peur dit bonjour à la nuit.
Nous arrivons à prendre le coucher de soleil de court un jour magnifique. Il me fait de l’œil dans le retro et à travers la fenêtre de la chambre du fond, investie par Aurélie et Montaine pour le regarder de face, dos à la route. Je trouve un parking facile d’accès et m’y arrête pour faire se croiser mon regard et ses rayons rouges. C’est très beau.
Nous en profitons pour faire connaissance avec un type dont j’ai oublié le prénom. Il me demande de le photographier, devant le coucher de soleil. Il prend une pose qui consiste à recouvrir son visage avec l’une de ses mains, en ne laissant apparaître qu’un seul de ses yeux. Je ne comprends pas le concept et j’ai le soleil dans la gueule, ce qui donne peu de chance réussite au portrait. Il aurait du faire deux photos : une de sa main et une de lui. Il a l’oreille toute griffée, m’explique qu’il a du sang mi’kmaq, qu’il revient de la chasse à l’orignal et qu’il va aller fumer un joint avant de retourner chez son grand-père avec qui il vit. Je l’ai bien aimé.
Demain, nous rencontrons la famille de la forêt.
07/10
Nous découvrons Percé, qui doit son nom à une grande roche trouée qui s’enfonce dans la mer. C’est très joli mais le temps est pourri, et la journée est dédiée principalement à des tâches plus ingrates que des balades, comme le linge, le ménage et l’entretien. Les Québecois sont honnêtes. Robin a laissé mon portefeuille sur le dessus d’un sèche-linge, dans une buanderie. Nous étions déjà loin lorsque je m’en suis aperçu. L’honnêteté de Robin, celle des Québecois et un gentil mot scotché sur la porte, que nous trouvons après avoir rebroussé chemin, nous font baisser la pression, mais pas l’inquiétude. Le plus important, pour les portefeuilles aussi, est à l’intérieur. Nous sommes à boutique de la commerçante qui gère aussi la buanderie à la première heure et elle est presque plus heureuse que nous. Tout y est et tout va mieux. Nous prenons le temps de continuer à explorer la ville et rencontrons Marie-Claude, artiste florale, qui nous parle de ses créations, aussi belles que la passion qui l’anime.
8-9/10
Nous avons pour prochaine étape un nouveau parc naturel de la SEPAQ, acronyme de la société des établissements de plein air du Québec. Celui-ci se trouve au Mont Saint-Albert. Il y a un centre de service équipée d’une grande salle vitrée, avec des tables hautes, de la wifi et des mouches. Nous y travaillons quelques heures, de manière plutôt poussive, attirés pas les montagnes, les feuilles à ranger dans des carnets et par tout ce qui n’a aucun rapport avec les maths ou l’espagnol. C’est de nouveau très beau. Les parcs s’apprêtent à fermer, c’est la fin de la saison. Nous sommes heureux : il n’y a presque personne et pour écouler les stocks, les chips au vinaigre sont à moitié prix. Nous tentons de manger du mieux possible mais acheter des produits de qualité coûte cher et n’est pas aisé. La randonnée que nous faisons dans ce parc n’est pas la plus belle sur le moment, mais s’embellira avec le temps, la distance et lorsque nous traverserons Montlhéry.
10/10
Nous trouvons un très bel emplacement pour la nuit, près du Saint-Laurent. A notre arrivée, il y a un groupe de quelques jeunes, d’une trentaine d’années, qui pèchent et qui boivent. Je commence par prendre un coup de vieux en les voyant jeunes, et je vais à leur rencontre pour faire les présentations et prendre la température. Ils sont très sympas, et m’invitent à revenir prendre une bière, proposition que je décline pour le moment, gonflé de sagesse, la priorité étant de nous installer et de dîner. Nous sortons en fin de soirée pour échanger quelques mots avec eux mais il n’en reste plus qu’un, les autres ayant trop pêché. Il s’agit de Vincent, un Lyonnais venu terminer ses études au Québec et n’ayant jamais eu l’envie de rentrer. Il dort dans sa voiture pendant 2 semaines, peut nous donner des tuyau sur les lieux où faire la fête à Montréal, et ne m’a pas l’air d’avoir beaucoup pêché. Il nous installe très gentiment un plaid et remet du bois sur le feux, qui se consume en même temps que nos sujets de discussion. Pour terminer la soirée, il nous fait goûter un gin provenant de La société secrète, une distillerie installée dans une ancienne Église. Aurélie trouve étonnante l’idée de transformer des lieux de culte en lieux de cuite et je me demande si c’est pêché.
11/10
Rien à dire
12/10
Le dernier parc qu’il nous reste à voir est celui de la Jacques CARTIER. Le nom sonnait mal jusqu’à ce que l’on comprenne qu’il ne faisait pas directement référence à l’explorateur mais à la rivière éponyme. Nous faisons à pied une boucle amorcée par une activité contemplative qu’organise une association locale. Il s’agit de rendre grâce aux lieux, et d’en profiter pour faire un travail d’introspection. Il nous est proposé, par exemple, de faire un souhait pour la nature ou de prendre un arbre dans ses bras. L’expérience viendra ricocher sur Robin, moyennement convaincu par l’immatériel des intentions. Je lorgne sur les constructions en bois qui facilitent et ponctuent le parcours, Montaine et Robin sont dans leur pensées secrètes. Aurélie glane les feuilles mortes vouées à leur condition d’humus pour les figer dans un herbier, que sa sensibilité convertira en souvenirs émus. Ces collectes deviendront une biographique végétale de moments de vie écris en langue érable.
13/10
Ce jour-là, nous avons besoin de faire baisser les tensions. De peur de voir les moments ensemble inexorablement s’étioler, nous les dévorons goulûment, mais la vie de quatre-quarts trouve ses limites, et nous avons besoin de la recalibrer. Nous optons pour un escape game, en tachant de trouver le bon équilibre entre la dose de défi et les chances de réussite, l’idée étant de se rejoindre par le succès. Loïc, qui gère le site, nous accueille derrière son guichet à trappe. Le décor, la musique de fond, l’ambiance de jeu et sa façon de brouiller les pistes du genre nous invitent, en bonne introduction au défi intellectuel qui nous attends, à déconstruire nos pensées pour mieux réfléchir. Nous avons une heure pour libérer une grand-mère, enfermée dans un cabanon par ses propres nains de jardins. Je n’ai pas l’historique de leur relation, et me garderais bien de faire le procès de qui que ce soit, mais enfermer quelqu’un contre son gré n’est jamais une solution, quoi qu’il ait pu se passer. A sa voix, la grand-mère semble terrorisée et les nains, quand à eux, galvanisés par l’effet de groupe, me semblent assez fiers. Nous devons intervenir vite. Nous créons des liens entre indicez pour créer du lien entre nous et parvenons, quelques minutes avant la fin de l’heure, à libérer la grand-mère. C’est ce qu’il nous fallait !
14/10 & 15/ 10
Figé en camping-car, doux en marchant et relativement intense le reste du temps, le mouvement devient pesant car trop présent, et nous décidons d’une conclusion cataleptique à la Jacques CARTIER. Nous sommes les derniers sur le camping et Tommy, un type super gentil qui bosse à l’accueil du centre de découverte, nous recommande un emplacement facile d’accès et assez grand pour ne pas être complètement recouvert par la camping-car. Nous pouvons faire un feu et manger des hot-dogs qui s’avéreront être les plus mauvais jamais mangés. Nous avions la dalle et ils avaient la gale. Robin, pourtant pas difficile, ne finira pas son deuxième. Je prends le temps d’aller faire du sport pour troquer stress et calories contre énergie et fierté et pour ça, la course à pied est une parfaite monnaie d’échange. Le paysage m’aide à porter l’embonpoint superflu que j’aimerais laisser derrière moi et surtout, je termine ma boucle content de moi.
16/10 – Sorel-Tracy
Dernier jour en camping-car, il faut se rapprocher de Montréal et fêter ça avec… une poutine. C’est gras, salé, sucré et ça sent bon. On valide mais il faudra compenser avec de la salade demain !